Mr Lamballais, professeur atypique au Paris Business College
Richard Lamballais est diplômé d’un Master "Psychology & Conflict Management " de l’Université de New-York. Ce citoyen américain a travaillé au NYPD (New York Police Department), où il était en en charge des situations de crise, telles les prises d’otages. Il enseigne aujourd’hui au Paris Business College (Use of English, Negociation-Harvard Method-). Ses cours en anglais s’inscrivent parfaitement dans le projet très international de l’Ecole. Il nous confie ici sa méthode pédagogique, basée sur la participation des étudiants qui l’apprécient particulièrement.
Avant d’être professeur, quel était votre job ?
R.L : Pendant environ 10 ans, j’ai travaillé dans les unités spécialisées du New York Police Department (NYPD), Tactical Assistance and Response Unit (TARU), et Emergency Service Unit (ESU). Mon travail, avec l’équipe, était de donner les premiers soutiens psychologiques dans les accidents graves, les agressions et les viols. Nous négocions aussi dans les cas de violences domestiques ou avec les personnes suicidaires. J’assistais également l’équipe "Hostage Negotiation Unit" lors des prises d’otages.
Ces sont ces techniques et stratégies que j’enseigne dans mes cours de "Negotiation, The Harvard Method".
En quoi cela consiste-t-il ?
Tout d’abord il existe plusieurs types de négociations. Professeur dans une école de commerce, j’enseigne surtout la négociation commerciale. Je transmets à mes étudiants des techniques utilisées dans les situations que j’ai pu côtoyer dans mon ancien travail. En effet, celles-ci sont souvent les mêmes que dans un contexte commercial. La police New-Yorkaise a commencé à utiliser les techniques de négociations de William URY et Roger FISHER (professeurs de droit à l’université d’Harvard aux Etats-Unis) dans les années 70, pour diminuer le trop grand nombre de victimes innocentes lors des « hold ups » et des prises d’otages.
Ces techniques sont aujourd’hui utilisées dans le monde entier, aussi bien dans le business, la politique, les médiations de tout genre, le management de crise etc. que dans la police. Avec ces méthodes, je leur apprends à préparer une négociation (Qui est l’autre partie ? Que veut-elle ? Pourquoi agit-elle ainsi ?) et à rapporter une réponse appropriée.
Je souhaite que mes étudiants puissent appliquer ces méthodes dans n’importe quel contexte. Je veux qu’ils puissent éviter certains pièges (ex : la négociation d’un salaire lors d’un contrat de travail), qu’ils soient aptes à utiliser leur libre arbitre, qu’ils soient attentifs et capables de trouver des solutions.
Lors de l’un de vos cours, vous avez mis en scène une simulation de prise d’otages. Pourquoi faire un tel exercice ? Comment s’en sont sortis les étudiants ?
La simulation d’une prise d’otages permet de travailler avec un grand groupe.
Le contexte était : « 3 étudiants ont été renvoyés de l’établissement (pour créer un sentiment de proximité) accusés, à tort, de viol lors d’une soirée étudiante. Personne ne croyant à leur innocence, dans un geste de désespoir, ils prennent une classe en otage ». Je trouvais ce cas réaliste, au vue de notre société actuelle, et je préfère que mes étudiants soient prêts à faire face à cette situation.
Les étudiants de dernière année ont ainsi pu appliquer certaines stratégies, étudiées en cours, telles que "Negotiate Interests not Positions ", la création et l’élaboration de "BATNA", c'est-à-dire de « plan B » , le rassemblement et l’utilisation d’informations concernant l’autre partie, la négociation lorsque l’on se trouve dans une position faible, " Creating Options for Mutual Gain ", l’interprétation du "body language " comme les expressions sur le visage, et la gestion de personnes difficiles lors d’une négociation par exemple.
Les enjeux dans une prise d’otages sont les plus importants, puisqu’ on « joue » souvent avec la vie des autres. Ce type de simulation est parfois tellement intense que les tensions dans la salle sont palpables ! Les étudiants peuvent appliquer toutes les techniques, apprises pendant les cours pour voir si cela marche ou s’il faut adopter une autre stratégie. Ils ont du interpréter les otages puis les preneurs d’otages. Ils s’en sont très bien sortis.
A la fin du cours, tous les otages ont été libérés !